Synonymes de centralisation des sauvegardes et de leur administration, les architectures SAN et NAS reposent sur une mutualisation des ressources de stockage au travers d´un réseau. Leurs principes sont toutefois différents. Leurs coûts également. Explications.
Avec des volumes qui explosent, les données de l´entreprise posent d´importants problèmes de stockage. Il faut rapidement s´adapter aux besoins et assurer un accès performant à ces données, tout en les sauvegardant. Autant de contraintes que peine à satisfaire le modèle traditionnel qui sous-tend des disques intégrés aux serveurs. Il en résulte un gaspillage, chaque unité étant partiellement remplie. De plus, il faut changer tout disque approchant la saturation. Tandis que l´accès partagé aux données et les sauvegardes centralisées sont complexes à réaliser et engorgent le réseau.
La solution passe par une mutualisation des ressources. Les différents serveurs, privés de disques, puisent alors dans un "pool" commun. La gestion étant centralisée, l´espace inoccupé peut être ajusté, les mises à niveau sont plus rares et les sauvegardes plus simples à automatiser. Un tel partage était déjà permis par des baies de disques dotées d´interfaces SCSI (Small Computer System Interface : l´interface la plus utilisée pour relier les serveurs à leurs disques internes). Inconvénient : le nombre de serveurs et leur éloignement étaient limités.
Le SAN adapté à une informatique basée sur une grosse application 
Supprimant ces contraintes, le SAN (Storage Area Network), arrivé depuis trois ans sur le marché, repose sur un nouveau réseau fédérant baies, librairies de sauvegarde et serveurs (les postes de travail restant à l´écart). Ce réseau est basé sur Fiber Channel, déclinaison fibre optique de l´interface SCSI. Le débit atteint 2 Gbits/s, contre un maximum de 1 Gbit/s pour l´Ethernet. Les disques sont vus comme un vaste espace que l´on alloue dynamiquement aux serveurs. Chacun d´eux dispose ainsi de son propre espace mais il est possible d´offrir un accès partagé à une base de données. "Le SAN est bien adapté aux entreprises dont l´informatique est construite autour d´une grosse application centralisée", estime Xavier Fessart (photo ci-dessus), directeur de la division stockage chez HP. Ce concept conserve pourtant une réputation de technologie haut de gamme. "En trois ans, les coûts ont baissé de 20 à 40 %, ce qui met les SAN à la portée des PME de 400 à 1000 personnes", pondère Stéphane Blanc, DG de la SSII Antéméta.

Le SAN le plus simple comprend une baie de disques, des cartes intégrées aux serveurs et un commutateur (switch) fédérant l´ensemble. Chez Dell, un switch 8 ports est vendu 10500 euros, tandis qu´une baie de 180 Go atteint 67500 euros. Compaq vend pour sa part 11000 euros, un produit intégrant un switch 6 ports et une baie vide (compter 10 000 euros par tranche de 36 Go). "Il est possible de récupérer les disques internes des serveurs Compaq", précise Xavier Fessart. Quant aux cartes, à environ 400 euros, leur coût est modeste. On peut aussi ajouter une librairie de cartouches - 13000 euros pour le Scalar 24 d´Adic, doté de deux lecteurs et d´une capacité de 2 To. Elle doit être complétée par un bridge. "Le nôtre revient à 18000 euros mais permet de connecter au SAN n´importe quelle librairie existante", précise Frédéric Saldes (photo ci-dessus), directeur commercial d´Adic.
Cette facture doit encore être majorée de 15 à 40 % de services d´intégration, que Compaq délègue à ses revendeurs, tandis que Dell les délivre lui-même. Au final, le coût total d´un projet SAN démarre à 40000 euros et dépasse vite 100000 euros mais pour un retour sur investissement couramment inférieur à deux ans. "Une fois l´infrastructure déployée, il suffit d´ajouter de l´espace en fonction des besoins", affirme Bruno Forcieri, chef de produits chez Dell. Et d´ajouter : "changer ou mettre à niveau les serveurs serait bien plus coûteux."
Le NAS cible les environnements hétérogènes et multiplicatifs Le principe du NAS (Network Attached Storage) est différent. Certes, le système de stockage est également centralisé. Toutefois, il ne s´agit pas d´allouer des espaces aux serveurs mais de leur offrir un accès partagé à des fichiers. Un procédé qui pénalise l´accès à une grosse base de données. De plus, la technologie de transport n´est autre que le couple IP/Ethernet. Au risque de l´engorger, un NAS peut donc reposer sur le réseau local existant. Le coût se réduit alors à celui du serveur de fichiers, soit 2000 euros pour les plus modestes.Au détriment du budget, on peut aussi construire un réseau Ethernet dédié au NAS. Au final, le concept est adapté à une entreprise possédant de multiples applications et ayant besoin de partager de nombreux fichiers que serveurs et postes de travail doivent souvent consulter. Entre SAN et NAS émerge une technologie baptisée iSCSI. Ciblant les PME, elle offre, sur la base du couple IP/Ethernet, les fonctionnalités d´un véritable SAN pour un coût moindre. Toutefois, les performances sont également inférieures tandis que la standardisation est balbutiante et l´offre embryonnaire.
|