| L´arrivée des ténors ciblant jusqu´alors les grands comptes vient relancer les débats entre progiciels modulaires et monolithiques, entre couverture fonctionnelle partielle et totale, entre personnalisation et standardisation. Le tout sur fond d´ouverture croissante aux technologies de l´Internet.
Déjà pléthorique, l´offre en PGI (Progiciel de gestion Intégré) pour PME s´enrichit encore avec l´arrivée d´éditeurs ciblant jusqu´alors les grands comptes. SAP et Oracle s´attaquent ainsi à la chasse gardée des Cegid, Adonix, JDE, Ordirope, Navision (racheté par Microsoft), Sage ou Interlogiciel, dont les clients comptent quelques dizaines ou centaines d´employés.
Ce choc vient alimenter le débat entre partisans des progiciels tout en un réunissant un maximum de fonctions et promoteurs de solutions bâties à partir de différentes offres. SAP et Oracle prônent la première formule, tandis que les acteurs ciblant traditionnellement les PME penchent pour la seconde tout en complétant partiellement leur offre. Ainsi, priorité est actuellement donnée à la GRC (Gestion de la relation Client) avec des modules concentrés sur les forces de vente, les campagnes marketing et plus rarement sur les centres de contacts.
Limiter la personnalisation aux modules orientés métiers 
Même quand la couverture fonctionnelle se veut complète, les éditeurs se rejoignent sur la nécessité d´une modularité, le PGI étant découpé en composants relativement indépendants. "Il est alors plus facile de le déployer progressivement", affirme Patrick Bertrand, directeur général de Cegid. Une tendance que confirme Roselyne Zubar (photo), responsable marketing chez JDE : "de plus en plus souvent, nous vendons notre progiciel module par module."Autre sujet de débat, le degré de personnalisation s´oriente vers un consensus. Les modules basiques - paye, RH, comptabilité, achats et ventes - doivent être les plus standards possible. Ce qui est facilité lorsque l´offre est déclinée pour chaque secteur. Une tâche que SAP ou Microsoft confient à leurs réseaux de partenaires. Par exemple, sur la base de MySAP all in one, BVD Computer Services a développé deux solutions verticales dédiées à la distribution et à l´agro-alimentaire. Ce genre de démarche apporte en outre une première réponse à la demande croissante pour une personnalisation des modules orientés logistique, production ou GRC. Plus proches du métier de l´entreprise, ces fonctions resteront fortement paramétrables et ouvertes aux développements. "Nous avons ainsi adopté une architecture en trois couches respectivement modifiables par nos filiales, partenaires et clients", explique Niels Niemann, directeur général de Microsoft Business Solution.
Une ouverture récente aux technologies Internet 
Encore jeune, l´ouverture aux technologies Internet se concrétise d´abord par le support d´un client de type navigateur Web. La plupart des éditeurs permet désormais un déploiement indifférent en mode Windows ou Web, avec une ergonomie comparable et une migration aisée. Tandis que Microsoft et Interlogiciel privilégient encore le client Windows. "Le mode Web est inadapté au travail intensif et même aux sites distants pour lesquels nous préconisons le déport d´interface Windows", se justifie Maurice Vallet (photo), président d´Interlogiciel.Confrontés à une offre d´outils de développement de sites marchands déjà riche, les éditeurs de PGI pour PME n´en ont pas fait une priorité. Certains, comme Sage et prochainement Ordirope, annoncent toutefois leurs propres modules, souvent conçus pour permettre une mise en production rapide.
Quant au portage des PGI sur J2EE (Java Entreprise Edition) et Microsoft.NET, il est balbutiant. Ces plates-formes faciliteraient le déploiement et la montée en charge, tout en offrant une plus grande ouverture, notamment aux technologies Internet. Les acteurs prennent toutefois position. Ainsi, le camp .NET a vu l´adhésion de Cegid et bien sûr de Microsoft. Oracle, SAP, Ordirope et JDE basculent vers J2EE, tandis que Sage et Interlogiciel n´ont pris aucune décision.
Une tarification adaptée aux PME 
Les modes de tarification restent basés sur le nombre d´utilisateurs. Une licence englobant les principaux modules est ainsi facturée 29 Keuros pour 10 utilisateurs chez Sage et 38 Keuros pour 50 utilisateurs chez Ordirope. Mais JDE innove en prenant aussi en compte le CA. Pour une entreprise industrielle de 100 Meuros de CA, le coût est ainsi de quelques 60 Keuros pour 6 modules et 10 utilisateurs. Quant aux nouveaux venus dans le monde des PME, ils jouent la carte du tarif global. BVD Computer Services (partenaire SAP) propose ainsi un forfait de service de 250 Keuros pour son progiciel Best of Negoce (basé sur l´offre de SAP), qui s´ajoute à un coût de licence de 150 Keuros pour 40 utilisateurs. Tandis qu´Oracle préconise des solutions incluant matériel, licence et services. "Défini par nos partenaires, le coût total est de l´ordre de 100 Keuros pour 15 postes", commente Jean-Jacques Triboulet (photo), responsable marketing de l´offre applicative d´Oracle. PGI | Editeur | Système d´exploitation | Module de GRC | Support des navigateurs HTML | Cegid | Cegid | Windows et Unix | Oui | Complet | Divalto | Interlogiciel | Windows et Unix | Courant 2003 | Partiel moyennant développement | JDE 5 (ex-OneWorld) | JDE AS/400 | Windows et Unix | Oui | | Oracle eBusiness Suite Special Edition | Oracle | Oracle Unix | Oui | Complet | Pyra | Ordirope | Windows | Depuis 2002 | Complet courant 2003 | Minos | Ordirope | AS/400 | Depuis 2002 | Complet | MS Business Solution Navision et Axapta | Microsoft | Windows | Courant 2003 | Partiel moyennant développement | CS/3 et Integral | Sage | Windows et Unix | Depuis 2002 | complet | MySAP All in one | SAP | Windows et Unix | oui | Complet courant 2003 |
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