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Par
Thierry Lévy-Abégnoli


19/03/2003

Autoloaders et librairies de cartouches : pour sauvegarder des centaines de giga-octets

La sauvegarde et l´archivage de volumes de données de plusieurs dizaines ou centaines de Go se contentent difficilement de simples lecteurs de cartouches à bande. La solution consiste à gérer automatiquement plusieurs cartouches grâce à un autoloader ou à une librairie. Ces deux types d´équipement se différencient par leurs fonctionnalités et leur évolutivité.

La capacité maximum d´une cartouche à bande DAT DD5 est de 40 Go, tandis que le format S-DLT, bien plus coûteux, n´atteint que 160 Go. Ces valeurs se révèlent souvent insuffisantes lorsqu´il s´agit de mettre à l´abri de grandes bases de données ou les fichiers de plusieurs serveurs. La solution prend alors la forme d´équipements de deux types, les autoloaders et les librairies. Ils ont en commun la capacité à accueillir plusieurs cartouches et à les charger automatiquement afin de réaliser des sauvegardes étalées sur plusieurs médias.

L'autoloader : un équipement élémentaire et peu onéreux

Un autoloader est construit autour d´un seul lecteur et d´un tiroir contenant un maximum d´une dizaine de cartouches (on parle aussi de "slots" ). Un mécanisme assurant leur rotation permet, lorsqu´une cartouche est pleine, de la retirer du lecteur puis de charger la suivante. Un tel équipement n´étant pas conçu pour être partagé par de nombreux serveurs dans un environnement de type SAN, il est simplement doté d´une interface SCSI et ne peut évoluer.
Des limitations qui ont un impact sur les tarifs, très raisonnables. Ainsi, en entrée de gamme, un autoloader d´origine HP ou Seagate supportant le format DAT DDS 4 et intégrant six slots (soit une capacité de 120 Go) sera facturé 2600 à 2800 euros. Vendu 4000 euros, le StorageWorks 1/8 de HP offre pour sa part huit slots au format DLT VS, soit une capacité de 320 Go. Autre exemple, pour 3600 euros, l´Autopak 1x10 d´Exabyte comprend dix slots au format VXA 1, soit 330 Go. Il existe également des autoloaders pour les formats LTO, AIT ou Mammoth mais pas pour le Travan.

La librairie : un équipement modulaire et sophistiqué

Une librairie se démarque tout d´abord par ses lecteurs, qu´il est possible d´ajouter au fur et à mesure des besoins. Jusqu´à huit lecteurs effectuent ainsi plusieurs enregistrements simultanés. D´autre part, le nombre de slots est généralement bien plus important que sur les autoloaders et peut être étendu. Autre forme d´évolutivité, lorsque les formats physiques des lecteurs sont identiques, on peut changer de standard de cartouches tout en conservant la librairie. "Certains de nos clients sont ainsi passés de VXA à Mammoth", confirme Patrick Erignoux (photo), responsable marketing chez Exabyte. "

De plus, une librairie peut être administrée à distance et les magasins contenant les cartouches sont amovibles"
, ajoute François Challier, responsable marketing produits stockage chez HP. Ces équipements modulaires et sophistiqués sont en outre en mesure d´identifier les cartouches via un code à barres puis de charger automatiquement celles qui contiennent les fichiers demandés. Les librairies sont plutôt réservées aux sauvegardes centralisées d´un ensemble de systèmes. Celles-ci sont alors directement connectées par des ports SCSI ou indirectement au travers d´un SAN via une interface Fiber Channel ou une passerelle SCSI/Fiber Channel. Seules les librairies permettent en outre de franchir la frontière de la sauvegarde pure pour entrer dans le domaine de l´archivage. Il s´agit alors, non plus de copier puis de restaurer des fichiers, mais d´accéder à la demande à certains d´entre eux comme s´ils étaient encore sur les disques durs. Toutefois, le chargement des cartouches et le défilement de la bande pénalisent le temps d´accès qui se compte alors en minutes.

Des fonctions avancées

Ces fonctions avancées se payent. Par exemple, la librairie Scalar 24 d´Adic est vendue
13 000 euros dans une configuration comprenant deux lecteurs LTO Ultrium 1 ou SDLT, soit une capacité de 2,4 ou 3,84 To. Tandis qu´une HP MSL/Ultrium 1 offre un espace de stockage de 3 To (soit 30 cartouches de 100 Go) pour un prix de 15 000 ou 22 000 euros (un ou deux lecteurs). Chez IBM, on peut citer la librairie 3583, que le constructeur destine plutôt aux PME. Avec deux lecteurs et dix-huit cartouches LTO Ultrium 1, la capacité est de 1,8 To pour un prix de 40 000 euros. Mais il existe une configuration comptant six lecteurs et soixante-douze cartouches.La distinction entre autoloaders et librairies tend toutefois à s´estomper. "Certains autoloaders savent en effet identifier les cartouches, ce qui évite de placer manuellement celles qui sont demandées par l´outil de sauvegarde", précise Frédéric Podetti (photo), responsable des produits de stockage sur bande chez IBM. De plus, les autoloaders atteignent parfois des capacités très importantes. C´est le cas du Faststor d´Adic qui, pour environ 10 000 euros, offre 1,12 To dans une configuration sept slots SDLT.


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