Les services web favorisent et simplifient le dialogue entre applications logicielles, entre clients et fournisseurs ou entre partenaires. Mais leur mise en oeuvre ne se fera que progressivement. Explications.
Le degré de maturité des services Web les restreint pour l´instant à l´intégration des différentes applications coexistant au sein de l´entreprise. Mais désormais, grâce à leur prise en compte par des progiciels et des environnements simples d´emploi, le concept se met à la porté des PME. Dans un second temps, ces services permettront la mise en oeuvre rapide d´échanges inter-entreprises. A terme, ils viendront également enrichir les outils bureautiques et autres applications horizontales.
1 - Applications métiers internes à l'entreprise 
Composants logiciels que des applications métiers peuvent invoquer simplement, les services Web sont en 2003 ce que le téléphone était à ses débuts. Rien ne sert d´en avoir si les autres n´en ont pas. Aujourd´hui, une part infime des entreprises publie de tels services vers leurs partenaires ou clients. "Mais elles devraient déjà commencer à se familiariser en interne avec ce concept appelé à se généraliser", affirme Jean-Christophe Cimetière (photo), chef produit plate-forme .net chez Microsoft. Les services Web peuvent en effet faciliter l´intégration des applications coexistant au sein de l´entreprise. Exemple typique : un progiciel de gestion intégré (PGI) pourrait vérifier si un client existe déjà dans un outil de gestion de la relation client (CRM). "Accéder à un service Web est bien moins contraignant que d´invoquer les interfaces de programmation d´un progiciel comme le nôtre", estime Jean-Michel Roussel, responsable technique chez Générix. "Le niveau d´abstraction élevé des services Web permet de diviser par dix l´effort de développement d´interfaces", renchérit Marc Bahda, directeur avant-vente chez Pivotal.
Encore faut-il que les modules applicatifs existants puissent être vus comme des services Web. Les développements nécessaires pour que ce soit le cas ont longtemps représenté une tâche complexe et coûteuse. Mais quelques éditeurs ciblant les PME commencent à exposer les fonctions de leurs progiciels comme autant de services Web. Tel est le cas des outils de CRM de Pivotal et Microsoft (les PGI de ce dernier vont bientôt suivre), tandis que ceux de Générix (PGI et CRM) sont en phase finale de tests. Parmi les nombreuses fonctions concernées : la création de commandes, la recherche de doublons, de prospects ou clients ou encore la validation de demandes de crédit.
D´autre part, des éditeurs d´environnements de développement et d´exécution ciblant notamment les PME, comme IBM et Microsoft, offrent la possibilité de générer simplement des services Web à partir de n´importe quel programme existant, du moins s´il a initialement été développé sous ces environnements. Mais si l´application est spécifique ou s´il s´agit d´un progiciel ne supportant pas les services Web, un lourd travail d´encapsulation et d´intégration s´impose.
2 - Ouverture aux partenaires, fournisseurs et clients 
La publication de services Web permettrait par exemple aux clients et partenaires d´une entreprise de vérifier l´état d´un stock ou d´une commande, sans qu´un travail conjoint d´intégration ait été préalablement réalisé. Mais le développement de tels services tournés vers l´extérieur pose des difficultés autrement plus importantes. Tout d´abord, la gestion de la sécurité n´est pas encore bien normalisée. D´autre part, les services Web des premiers progiciels les supportant constituent plutôt des boîtes à outils. Des services tournés vers l´extérieur doivent au contraire être des modules applicatifs complets et prêts à l´emploi. En attendant que de tels "macro-services" soient commercialisés, il faudra les développer. Toutefois, Michel Granger (photo), directeur marketing d´IBM Software, considère que des fonctions simples peuvent déjà être publiées : "Les services Web ne sont certes pas assez mûrs pour réaliser un workflow B-to-B mais ils permettent dès maintenant d´échanger fichiers, factures ou commandes".
3 - Applications horizontales Les Services Web devraient aussi investir la bureautique ou même la téléphonie. Tel est le sens de l´annonce récente de Microsoft dont l´architecture Office System prévoit la possibilité, pour les applications Office 2003, de les invoquer. Nicolas Mirail, chef de produits techniques, donne un exemple d´application : "On pourrait générer automatiquement un formulaire en consultant un service Web externe donnant les retards d´avions puis le transmettre par email aux personnes concernées". Mais d´admettre : "Office System concourt à initier un processus mais il faut maintenant attendre que ces services se multiplient".

De son côté, EADS livre ses IPBX destinés aux PME avec un kit de développement de services Web permettant de réaliser des applications couplées à la téléphonie. Deux exemples simples - gestion des appels à partir d´un PC ou identification d´un appelant - sont fournis en standard. "Les services Web facilitent le déploiement des fonctionnalités téléphoniques sur les PC et plus généralement la convergence téléphonie/informatique", explique François Morice (photo), responsable marketing solutions packagées pour PME chez EADS Telecom.
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