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INFRASTRUCTURE

Clouds publics en self-service : les vraies réticences des entreprises

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Par Thierry Lévy-Abégnoli le 20/02/2013 - indexel.net
 
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Très médiatisés, les grands clouds publics en self-service sont boudés voire diabolisés par les DSI. Les causes sont moins dans le manque de maîtrise que dans le poids de l’existant, l’intégration ou l’accompagnement.

 

Selon une enquête réalisée en 2012 par le cabinet Pierre Audoin Consultants auprès de 350 DSI, 73 % des entreprises françaises adeptes du cloud computing ont opté pour un cloud privé. Et si les Amazon AWS et autres Microsoft Azure font beaucoup parler d'eux, les 27 % d'entreprises qui se disent adeptes du cloud public se tournent majoritairement vers des services SaaS (Software as a Service) ou des intégrateurs ou hébergeurs français comme Ikoula, Intrinsec, Atos, OVH, Orange ou SFR. Ceux-ci proposent en réalité, bien souvent, des services de cloud privé hébergé ou des serveurs virtuels. Les infrastructures sont plus ou moins mutualisées et la frontière entre infogérance, hébergement classique et cloud public est floue.

"Nous faisons du cloud privé de type Infrastructure as a Service (IaaS), dans la mesure où nous louons chez Solidd, des machines virtuelles qui accueillent des sites d'e-commerce et une application de gestion électronique de documents", explique ainsi Ludovic Decourcelle, DSI de Bonduelle. Parallèlement, l'informatique de gestion est en infogérance chez Stéria. "Ce n'est pas du cloud mais nous louons des espaces de stockage sur une infrastructure mutualisée", précise le DSI. Démarche comparable chez Mutuelle Générale, qui a confié à Atos une partie de son système d'information dans un cloud partiellement mutualisé. "Certaines applications sont sur des serveurs Unix dédiés, d'autres sont sur des infrastructures Windows mutualisées", détaille Cécile Bottalla, DSI de Mutuelle Générale.

Le besoin de maîtrise : un argument surestimé

Les craintes les plus souvent entendues relèvent du flou induit par des offres hyper mutualisées, qui poseraient des problèmes d'étanchéité, de qualité de service et de localisation à l'étranger. En somme, c'est la question de la maîtrise, mise en avant dans la publicité de SFR (le "cloud maîtrisé"). Cet argument est pourtant exagéré, quand on regarde le succès des offres SaaS. "Nous n'avons pas hésité à aller vers le SaaS, notamment avec Google Apps, et c'est même devenu une préférence pour des applications très standardisées", affirme Ludovic Decourcelle. Pour le IaaS non plus, la localisation des données n'aurait pas été un frein majeur. "Si nous avions choisi une offre de type Amazon, des Français comme Numergy ou Cloudwatt n'auraient pas été avantagés car notre activité est mondiale", affirme Ludovic Decourcelle. Même son de cloche chez Mutuelle Générale. "Mutualisation massive, qualité de service et localisation des données ne seraient pas des obstacles. Nous avons d'ailleurs recours aux services SaaS de Salesforce et Microsoft Office 365, très mutualisés et hébergés à l'étranger", affirme Cécile Bottalla.

Frein principal : la reprise de l'existant

Ludovic DecourcelleL'une des causes de ce manque d'engouement résiderait en réalité dans le poids de l'existant. "Notre ERP ne serait pas supporté par un Iaas car il fonctionne sur IBM AS/400 et ne peut migrer vers x86. De plus, beaucoup de nos applications x86 tournent sous des versions anciennes de Windows ou de SQL Server qui ne seraient pas davantage supportées", précise Ludovic Decourcelle (photo). C'est le même problème chez Mutuelle Générale. "L'essentiel de notre système d'information métier tourne sur AIX, pour lequel il n'y a pas d'offre dans le cloud. Nous serions obligés de complexifier nos infrastructures en les répartissant sur plusieurs datacenters. Le ROI et la qualité de service d'une telle architecture seraient à étudier avec attention", explique pour sa part Cécile Bottalla.

Frein numéro 2 : l'intégration et le déploiement

Ces propos rejoignent les difficultés induites par une infrastructure hétérogène et dispersée. "Notre Business Intelligence sous Cognos serait éligible à un IaaS public mais cela poserait des problèmes d'intégration avec notre ERP hébergé chez Stéria", explique en effet Ludovic Decourcelle. C'est la distance qui est en cause, davantage que la difficulté à créer des interfaces. Cette distance n'est plus un souci quand l'usage du cloud se limite au test et au développement. "Mais en pratique, il est préférable d'avoir des configurations techniques strictement identiques entre développement, recette et mise en production", rétorque Cécile Bottalla.

Frein numéro 3 : un besoin de services de proximité

Cécile BottallaL'accompagnement proposé par les prestataires de clouds américains mutualisés pose également question. "Un des points de vigilance évoqué par les utilisateurs d'Amazon AWS est qu'il n'y a pas d'interlocuteur. Si l'offre se limite à l'achat de VM sans service associé, ce n'est pas suffisant. Chez Atos, nous avons un chef de projet dédié lors des mises en œuvre importantes et un gestionnaire de contrat", explique Cécile Bottalla (photo), qui regarde avec intérêt l'émergence d'offres comme Cloudwatt et Numergy, jugées rassurantes grâce à la présence d'interlocuteurs en France. Mais c'est aussi le cas des offres cloud d'IBM ou de Microsoft.

L'argument du coût pourrait souvent l'emporter

Hormis la proximité, les verrous pourraient également sauter grâce à l'argument économique, inhérent à des offres massivement mutualisées. "Les coûts représentent un critère essentiel. Par exemple, avant de choisir Google Apps, nous nous sommes posé les questions classiques sur la confidentialité des données, pour finalement opérer un arbitrage entre risque et coût", explique Ludovic Decourcelle. Mais sur un IaaS, les gains ne seraient pas évidents par rapport aux solutions d'hébergement actuelles (Stéria et Solidd) dont la mutualisation permet déjà des économies d'échelle. "Ce serait plus intéressant si nous avions des activités saisonnières justifiant d'importantes variations de coûts", signale Ludovic Decourcelle. Cécile Bottalla admet aussi que l'économie potentielle lèverait bien des réticences : "Le choix d'un IaaS mutualisé serait soumis à la validation de notre direction générale, en particulier si les données étaient localisées hors d'Europe. Cependant un coût très compétitif ou une haute disponibilité 24/7 pourrait faire pencher la balance."

Cloud privé : une étape vers le cloud public ?

Jean-Marc DefautCes arguments économiques pourraient rendre inéluctable un mouvement progressif vers les cloud publics mutualisés. Des couches logicielles de cloud hybride signées HP ou CA Technologies faciliteraient alors cette évolution. "Une telle couche permet de chapeauter indifféremment des clouds privés et publics. La technologie est prête et émerge dans les cahiers des charges", affirme Jean-Marc Defaut, directeur de l'activité cloud chez HP France (photo). Mathieu Poujol, consultant chez PAC, estime pour sa part que le cloud privé peut être une étape. Et de donner un exemple : "EDF déploie un cloud privé pour devenir fournisseur interne de services. Cette démarche facilitera le recours à des services de cloud externe. Finalement, la DSI couperait d'abord les vannes du cloud public pour mieux les ouvrir ensuite."

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