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INFRASTRUCTURE

IPv6 : anticipez la pénurie d'adresses IP

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Par Thierry Lévy-Abégnoli le 13/02/2008 - indexel.net
 
Lci_ipv6

Le passage à l'IPv6 devient inéluctable. Car la pénurie oblige les opérateurs à complexifier les réseaux tout en freinant la mise en oeuvre de certaines applications.

 

"Nous conseillons à nos clients de migrer dès maintenant vers IPv6 afin de déployer des solutions pérennes. Mais la plupart d'entre eux restent insensibles à cet argument", regrette Aude Launay, responsable d'activité communications unifiées chez Dimension Data. Faute de killer application et de retour sur investissement évident, il faut en effet craindre que, comme pour le bug de l'an 2000, la prise de conscience n'arrive que tardivement.

Prévenir l'asphyxie du Net

Cette fois c'est pourtant sûr : vers la mi-2010, toutes les adresses IPv4, protocole en vigueur depuis plus de vingt ans, auront été attribuées. Les autorités du Net (*) ne pourront plus répondre aux demandes des opérateurs, qui eux-mêmes n'auront qu'un ou deux ans de stocks pour satisfaire les entreprises. Aucun bug n'est à craindre mais le réseau IPv4 ne croîtra plus. Depuis plus de dix ans, on évite l'asphyxie grâce à la translation d'adresses, qui permet d'allouer beaucoup moins d'adresses IP publiques que de systèmes connectés. Ceux-ci se voient au contraire attribuer des adresses privées (internes à l'entreprise ou à l'opérateur), tandis qu'un nombre limité de passerelles répond à leurs requêtes sur le Net. Certains estiment que l'on repoussera ainsi l'échéance ad vital eternam. Mais l'attribution d'adresses publiques, notamment aux nouvelles passerelles, reste nécessaire à la croissance du réseau. Avec la pénurie, le coût de l'adresse IP risque de flamber. IPv6 résout le problème en offrant un nombre d'adresses virtuellement illimité.

Simplifier les infrastructures

"Les mécanismes de translation ont été utilisés de plus en plus massivement en augmentant le nombre de terminaux gérés par passerelle et en superposant plusieurs niveaux de translation", explique Patrick Grossetête (photo), responsable produits Europe chez Cisco. Ces passerelles opèrent en outre au niveau applicatif, ce qui impose aux opérateurs et utilisateurs un effort de configuration de chaque protocole (HTTP, FTP, SIP...). En conférant à chaque terminal une adresse publique, IPv6 supprime la translation, simplifiant ainsi les infrastructures et réduisant l'effort de support et le coût des services. Un bémol : avant d'en arriver là, IPv6 commencera par compliquer ces mêmes infrastructures puisque IPv4 et IPv6 devront cohabiter durant des années.

Améliorer les performances

Autre bienfait de la suppression des étages de translation : les performances seront améliorées. Cela aura surtout un intérêt pour les applications temps réel. "Skype en particulier fonctionnera beaucoup mieux", affirme Patrick Grossetête. C'est un peu moins vrai pour les sites web, même si leurs délais de latence seront réduits. "Seules les entreprises dont l'activité repose sur un site marchand verront un intérêt à le relier en IPv6", affirme Patrick Grossetête. Mais quelle que soit l'application, le gain apparaîtra seulement si toute la chaîne est en IPv6.

Améliorer la gestion de la sécurité

En offrant une connectivité de bout en bout entre des systèmes possédant une adresse stable, IPv6 révolutionnera peut-être la gestion de la sécurité. C'est du moins l'avis de Microsoft. "Firewall et passerelles VPN deviendront inutiles. La sécurité sera exclusivement assurée par des tunnels IP-Sec créés en mode point à point entre les systèmes concernés, ce qui simplifiera sa gestion", explique Bernard Ourghanlian (photo), directeur technique et sécurité chez Microsoft. L'éditeur prépare une annonce autour de ce sujet qui risque toutefois de susciter de belles controverses avec les acteurs des réseaux et de la sécurité. D'autant que IPv6 représente aussi pour les hackers une porte d'entrée potentielle sur un réseau IPv4, et vice versa.

S'ouvrir à de nouvelles applications

Certaines applications nouvelles seront beaucoup plus simples à mettre en oeuvre sous IPv6. L'une des premières, intégrée à Vista et baptisée Windows Collaboration, est dédiée au partage d'informations sur un réseau Wi-Fi, en mode P2P (donc sans routeur ni borne) entre des PC portables. "Si les PC viennent d'entreprises différentes, ce qui est tout l'intérêt de cet outil, cette application ne fonctionnera que sous IPv6", affirme Bernard Ourghanlian. D'autres seront plus orientées grand public, comme les jeux en réseau sur consoles (difficiles à gérer sous IPv4 associé à la translation) ou le roaming entre réseaux IP mobiles, par exemple, pour faire du streaming vidéo sans interruption. "IPv6 rend viable le déploiement de nouveaux réseaux auxquels seront par exemple reliés des senseurs biométriques ou de températures. Leurs adresses IP définitives seront synonymes de disponibilité universelle des informations délivrées", complète Patrick Grossetête.

(*) L'attribution des adresses IP est gérée par l' IANA  (Internet Assigned Numbers Authority), relayé en Europe par le RIPE (Réseaux IP Européens).

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