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INFRASTRUCTURE, SUR LE TERRAIN

Les pompiers de Paris optent pour les données géographiques

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Par Sébastien Chauveau le 28/04/2003 - indexel.net
 
Cvd_pompiersdeparis

Ils n´en sont pas à leur coup d´essai. En vingt ans, les pompiers de Paris n´ont cessé de faire évoluer leur manière de traiter les données. Le système d´information géographique Sigareo est leur dernier "bébé". La revue de détail du capitaine Rubod.

 

Depuis Sycora (pour système de commutation des réseaux d´alerte), en 1982, les pompiers de la capitale n´ont cessé de faire évoluer leurs systèmes informatiques. "C´était, déjà, pour l´époque, un sacré bon en avant que nous avions fait ! ", se souvient le capitaine Rubod, chef de projet à la BSPP (brigade des sapeurs-pompiers de Paris). "Nous étions passés, pour diriger les appels au secours et organiser les interventions, de la simple réception téléphonique et prise de notes rapides à la consultation de données alpha numériques."

Puis est venu le système numérisé de transmission de l´information d´alerte (Syntia), fin 1990, encore en service actuellement, qui a permis aux soldats du feu de prendre encore plus rapidement leurs décisions, notamment en ce qui concerne la sélection des engins en fonction du lieu et du type d´intervention et l´envoi des ordres de départ aux centres de secours concernés. Mais il fallait aller encore plus loin. Les pompiers de Paris voulaient voir l´activité de toutes leurs casernes et la nature de toutes leurs opérations en temps réel, toujours dans un même souci : être rapide et efficace.

Une solution construite sur une architecture trois tiers

Avec le nouvel outil d´aide à la décision Sigareo, les choses sont donc dorénavant beaucoup plus claires. "Notre système d´information géographique, appliqué à la recherche, aux études et à l´opération, mis en place en janvier dernier, nous permet d´un seul coup d´oeil de savoir évidemment comment sont répartis nos effectifs et nos matériels", affirme le capitaine Rubod (photo). "Mais, surtout, nous pouvons, autant que de besoin, proposer à nos hommes des itinéraires, leur fournir des états graphiques du statut des hydrants (fonctionnement des bouches et poteaux d´incendie) proches du lieu de l´intervention, leur préciser quels sont les risques liés au secteur dans lequel ils opèrent..."Sigareo n´est autre qu´un système global pour partie développé en interne, construit sur une architecture trois tiers et fait pour s´intégrer aux applications existantes à la BSPP. Ainsi, pour établir ses documents parcellaires (plans tactiques secteurs), Sigareo puise dans les bases de données Syntia. "Ce qui donne, au final, des visualisations simples et précises et non plus des listings, trop longs à consulter", se réjouit lecapitaine.

Une vue globale et cohérente des opérations

Sigareo a été élaboré à partir du logiciel GIPS (Graphic interface pilot system) d´IBM. Un outil multi plate-formes (Unix, Windows NT) et multi-bases (Oracle, DB2, etc.) qui, grâce aux liens qu´il peut établir entre les données géographiques et les divers applicatifs d´une même entreprise, fournit à ses utilisateurs une vue globale et cohérente de l´ensemble de leurs opérations. "Il nous a ensuite fallu développer nos propres modules - en Java -, une bonne vingtaine en tout, précise le capitaine Rubod, comme celui voué à la visualisation de la sollicitation opérationnelle (comprenez : qui fait quoi et à quel moment) ou encore ceux destinés à la thématique (comme la localisation des zones accidentogènes), à la statistique et à l´état des matériels..." Gageons que pour des raisons de sécurité, des passerelles miroirs ont aussi été développées entre Sigareo et les autres applications de la maison.Si, dans presque tous les départements de France, les sapeurs-pompiers ont recours à l´utilisation de systèmes d´information géographique pour accroître l´efficacité de leurs interventions, celui de la BSPP est révolutionnaire. "Les autres systèmes d´information géographiques ne sont généralement axés que sur l´exploitation de données cartographiques", signale le capitaine Rubod. "Nous, nous voulions avoir, en plus des graphiques, des informations précises, de façon à être plus réactifs au moment de faire partir nos hommes sur le terrain." Coût de la solution : six postes graphiques ; un chef de projet à temps partiel, un adjoint et deux développeurs à temps plein, pendant un an ; et un droit d´exploitation annuel du logiciel GIPS de 8 000 euros.



La brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) : c´est 6850 personnes dans 77 centres de secours qui réalisent quotidiennement 1 200 interventions à l´intérieur d´un secteur de couverture de 124 communes (soit plus de 6 millions d´habitants) sur un périmètre de 760 km2.

 
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