Vendredi 25 mai 2012
NASDAQ : 2839.38 10.74   nasdaq0.38 %
RECHERCHE
OK
 
NEWSLETTER
newsletter
Abonnez-vous gratuitement
à notre newsletter
hebdomadaire - Cliquez ICI
Indexel
  • DOSSIERS
  • PRATIQUE
pub Publicité
 

INFRASTRUCTURE

Quel chemin pour sortir de l'ère des éditeurs ?

Imprimer Envoyer à un ami Contacter la rédaction
Par Alain Lefebvre le 25/06/2003 - indexel.net
 
Alain_lefebre

Certains observateurs pensent que l´ère des éditeurs est terminée. La montée de la complexité serait-elle en train de tuer le "modèle logiciel" ? L´informatique à la demande est-elle une alternative crédible ? La chronique d´Alain Lefebvre, directeur de la stratégie d´eForce France.

 

Le modèle de l´intégration logicielle, éprouvé par les entreprises depuis une quinzaine d´années, semble avoir pris du plomb dans l´aile. Après une ruée sur les ERP pour affronter les échéances de l´an 2000 et de l´Euro, la déception explose face aux difficultés de déploiement des projets CRM. On leur reproche un taux d´échec important (le Gartner Group et d´autres analystes avancent des taux d´échecs de plus de 50% !) lors de leur mise en place et de ne pas donner les résultats promis une fois installés.

Le client doit assumer tout seul ... ou presque

Serait-on face à une nouvelle manifestation du syndrome du déploiement ? On s´aperçoit aujourd´hui que le déploiement des nouvelles applications côté serveur se révèle être un frein puissant... D´ailleurs, le mouvement de consolidation des serveurs (souvenir ou retour du mainframe ?) participe au même élan de réduction de la complexité qui monte de plus en plus comme un cri du coeur !Les progrès techniques promis et attendus n´ont pas concrétisé les bénéfices espérés même quand ils se sont réalisés. Unix est en train de s´unifier autour de Linux, mais cela ne réduit pas pour autant les contraintes d´administration. Microsoft a fait le vide autour de lui, mais ce n´est pas pour autant qu´il stabilise son environnement, multipliant les mises à jour afin de répéter les occasions de nous faire passer à la caisse ! De plus en plus souvent, la balance apparaît déséquilibrée. De plus en plus souvent, le jeu n´en vaut plus la chandelle. Cela explique sans doute les freins à l´achat, à la dépense, à l´investissement informatiques.

L'avènement de l'informatique à la demande

Les progiciels ont apporté une réponse à la complexité croissante des développements. Désormais, on cherche toujours une solution au déploiement et à l´administration. Mais alors, si le modèle éditeur touche à sa fin, quel en est le successeur ? Cette fois, il ne s´agit pas de sortir d´une situation d´enfermement, il faut briser les contraintes techniques dans lesquelles les clients sont englués et qui n´apportent aucune valeur ajoutée.De la même façon qu´on a fini par comprendre qu´il n´était pas stratégique de développer ses applications soi-même, on va finir par réaliser qu´il est sans intérêt d´héberger soi-même ses propres serveurs. L´autre modèle qui pointe en alternative avec le "tout-à-la-maison" est appelé "l´informatique à la demande". L´idée derrière "l´informatique à la demande" est connue : faire de l´informatique une commodité au même titre que l´électricité ou le téléphone. La promesse est de réduire radicalement la complexité des fonctionnements distribués et de diminuer la facture d´exploitation.

Des technologies encore jeunes

L´idée est simple, mais sa mise en oeuvre concrète demande des avancées spectaculaires dans de nombreux domaines comme le "Grid Computing" et "l´administration autonome", pour ne citer que les plus importants. On sait que 40 à 80% de la puissance de traitement des ordinateurs en service aujourd´hui reste inutilisée. La vocation du "Grid Computing" serait justement de permettre une meilleure utilisation de cette puissance de traitement en fonction des besoins, tout comme l´électricité circule entre les réseaux des producteurs pour aller là où la demande est la plus forte. Mais la mise en oeuvre de cette distribution de la capacité va de pair avec la distribution des traitements. Et là, les choses se compliquent !Il est un autre domaine où des progrès sont nécessaires avant de pouvoir proposer de l´informatique à la demande : l´administration des systèmes. L´informatique à la demande devra être aussi fiable que la distribution d´eau ou d´électricité pour être acceptée. Or, les systèmes sont devenus trop complexes pour être surveillés et corrigés par de simples (et lents) êtres humains. La seule façon d´arriver au niveau de fiabilité requis est de disposer de systèmes (matériels et logiciels) capables de s´auto diagnostiquer et de se réparer sans intervention humaine. Une véritable administration autonome des systèmes (Autonomic Computing) est demandée au comptoir !

Faudra-t-il attendre longtemps le courant favorable ?

Il y a tout de même des facteurs favorables à l´avènement de l´informatique à la demande comme l´abondance de bande passante actuelle. De même, le "Grid Computing" et l´administration autonome finiront bien par sortir des laboratoires mais cela suffira-t-il ? Encore faudrait-il que l´industrie informatique repose un peu plus sur un ensemble de standards. C´est ici que quelques acteurs du marché comme IBM font valoir leur engagement vis-à-vis de Linux.D´autres, comme Microsoft, ne sont pas encore d´accord pour s´aligner sur un standard unique, même si ce dernier n´appartient à aucun acteur. On risque de se retrouver comme à l´époque des débuts de l´électricité quand l´offre se partageait entre courant continu et courant alternatif. Le marché ne décolla qu´à partir du moment où le courant alternatif apparu comme le vainqueur de cette confrontation.
Et si encore les obstacles n´étaient que de nature technique... car il faut aussi compter avec la dimension sociale et même politique de ce tournant annoncé. En effet, il est probable qu´une bonne partie des responsables informatiques résisteront à cette évolution avec de bons arguments comme la sécurité ou la préservation de la confidentialité des données.


Alain Lefebvre possède plus de vingt ans d´expérience dans le monde de l´informatique professionnelle. Il a publié de nombreux livres au ton incisif et à la vision pertinente : L´architecture client-serveur, Intranet client-serveur universel, Le triomphe du client léger ou, plus récemment, Le troisième tournant.
Alain Lefebvre est aujourd´hui directeur de la stratégie d´eForce France, après avoir été co-fondateur du Groupe SQLi.

 
Partager :
 
pub Publicité

Cloud Computing : Atouts et freins, acteurs du marché, conseils et témoignages