Mercredi 18 octobre 2017
NASDAQ : 6626.1016 1.9941   nasdaq0.03 %
RECHERCHE
OK
 
NEWSLETTER
newsletter
Abonnez-vous gratuitement
à notre newsletter
hebdomadaire - Cliquez ICI
Indexel
  • DOSSIERS
  • PRATIQUE
pub Publicité
 

INFRASTRUCTURE

Vers la disparition des réseaux SAN ?

Imprimer Envoyer à un ami Contacter la rédaction
Par Thierry Lévy-Abégnoli le 28/06/2012 - indexel.net
 
Disparition-reseaux-san

Des évolutions logicielles majeures laissent entrevoir la disparition des réseaux dédiés au stockage au profit de fermes de serveurs dotés de leurs propres disques. Une architecture héritée des infrastructures cloud.

 

Les réseaux dédiés au stockage (Storage Area Networks) et les grosses baies ne vont certes pas disparaître du jour au lendemain. Mais un nouveau type d'architecture pourrait reléguer les SAN au second plan, de la même façon que naguère, les mainframes ont vu leur suprématie menacée par les serveurs Unix ou x86. Le phénomène vient des grands fournisseurs de services que sont Amazon, Microsoft ou Google. "La plupart des gros datacenters du cloud ont adopté des architectures à base de fermes de serveurs ayant chacun leur stockage en DAS, c'est-à-dire en attachement direct", constate en effet Ronald Bainey, directeur technique chez Avanade.

Des cloud privés qui s'inspirent des clouds publics

Encore faut-il que ces architectures dites multitenants, conçues pour servir des milliers de clients différents, conviennent aux entreprises. Jean-Yves Pronier, directeur marketing chez EMC, répond par la négative : "Les entreprises n'ont pas besoin de multi-tenants car elles n'ont pas de grandes grappes de petits clients." Mais Ronald Bainey n'est pas de cet avis : "Les clouds privés ont tout intérêt à adopter la formule du multitenants car une entreprise a des entités différentes qui sont autant de clients internes ayant chacun leurs contraintes." Une architecture sans SAN permet alors de simplifier les couches d'infrastructures donc de réduire les coûts. En l'occurrence, Avanade a réalisé une étude pour le déploiement d'Exchange 2010 dans une grande société. Conclusion : le coût d'une infrastructure sans SAN serait quatre fois inférieur à celui d'un SAN couplé à une grosse baie.

Une révolution initiée par les applications...

Jean-Yves Pronier

La révolution du "no-SAN" n'est pas matérielle, puisque qu'on en revient à des serveurs basiques reliés en réseau. Elle est en fait logicielle. Par exemple, les bases de données no-SQL (lire notre article : bases de données, le noSQL menace 25 ans de certitudes) permettent, sur une grappe de serveurs, de bénéficier naturellement d'une scalabilité presque infinie et d'une haute disponibilité. "Le no-SQL ne vise que le traitement de données non structurées", rétorque Jean-Yves Pronier (photo). Mais d'aucuns estiment que les moteurs no-SQL sont au contraire appelés à investir une bonne partie des applications. Sans même parler de no-SQL, Microsoft est devenu en deux ans un fervent défenseur du no-SAN. Exchange 2010 peut ainsi être déployé sur des fermes de serveurs DAS. "SQL-Server 2012 permet pour sa part de réaliser des réplications de bases de données entre serveurs, sans passer par un cluster basé sur un SAN", explique Ronald Bainey, tout en admettant qu'il avait imaginé que Microsoft irait plus loin dans la direction du support du no-SAN par son moteur SQL.

Le système d'exploitation prend le relais

Ronald BaineyAu-delà des applications, Windows Server 2012 (lire notre article : Windows Serveur 2012, un système de taille pour le cloud) marque une évolution majeure vers le no-SAN. Il permet de construire une plate-forme de virtualisation basée sur des serveurs DAS, sans aucun SAN, tout en conservant les mêmes fonctionnalités. "On peut faire de la haute disponibilité multisite beaucoup plus simplement qu'avant", explique Ronald Bainey (photo). Jean-Yves Pronier tient à nouveau à pondérer cet enthousiasme : "il y a bien une tendance mais elle se résume pratiquement à un revirement stratégique de Microsoft, qui met en avant des technologies favorisant le DAS afin de se faciliter la tâche dans la ‘cloudification' de son offre".

Performances, administration, haute disponibilité et sauvegarde

Avec une architecture sans SAN, les serveurs sont basiques et le stockage n'est même pas en Raid. La redondance est en effet assurée par la réplication entre serveurs, éventuellement à distance. "Grâce à cette redondance, les sauvegardes ne sont pas forcément nécessaires", estime Ronald Bainey. Si besoin, elles peuvent quand même être réalisées comme on le fait pour les postes clients, avec des outils de sauvegarde en réseau. "Quant à la disponibilité d'une ferme de serveurs DAS, elle est théoriquement légèrement inférieure à celle d'un ensemble de serveurs reliés à un SAN mais en réalité, la complexité d'administration du SAN génère des sources d'erreurs qui rétablissent l'équilibre", affirme Ronald Bainey.

Pascal DanetIl reste la problématique des performances et de leur prédictibilité qui pourrait nécessiter une évolution des réseaux fédérant ces fermes de serveurs. "L'Ethernet classique ne suffira pas, il faudra un réseau dédié pour synchroniser les données et les métadonnées transitant entre les serveurs DAS", affirme Pascal Danet (photo), directeur technique chez Brocade Communications, leader des équipements réseaux pour les SAN. Pascal Danet défend l'idée qu'un tel réseau pourrait être basé sur... les technologies SAN actuelles, qui possèdent déjà toutes les qualités nécessaires.

Des freins qui restent importants

Malgré la réduction des coûts d'un facteur quatre, l'entreprise pour laquelle Avanade a réalisé une étude a finalement conservé son architecture SAN, pour éviter tout bouleversement, tant au niveau des infrastructures que des compétences et des processus d'exploitation. "Depuis dix ans, le SAN est très structurant pour les infrastructures, surtout dans les grandes entreprises car elles ont constitué des équipes dédiées", admet Ronald Bainey, tout en estimant que l'architecture sans SAN séduira dans un premier temps plutôt les grosses PME, qui n'ont pas forcément de division SAN et qui y verront un moyen de réaliser rapidement des économies.

On est donc au début d'un long processus qui ne démarrera véritablement qu'avec le déploiement de Windows Server 2012. Et il faudra compter sur la résistance des apôtres des SAN comme Brocade et des grandes baies de stockage centralisé comme EMC. Jean-Yves Pronier, estime ainsi "qu'il y aura seulement des îlots de DAS, par exemple pour la bureautique ou le HPC". Tout en admettant l'émergence d'une tendance, Pascal Danet pense pour sa part que "les SAN resteront indispensables pour garantir des niveaux de services en termes de latence, de disponibilité et de temps de réponse".

LIRE AUSSI
 
Partager :
LIRE AUSSI
 
pub Publicité

CloudStack by IkoulaCloudStack by Ikoula

Cloud Computing : Atouts et freins, acteurs du marché, conseils et témoignages