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MANAGEMENT, SUR LE TERRAIN

Carrière : les seniors restent en course

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Par Lala Moulay le 04/03/2003 - indexel.net
 

Gérer sa carrière dans le secteur informatique, passée la quarantaine, n´était pas évident ces dernières années. À moins de prendre des responsabilités, "les seniors" étaient souvent poussés vers la sortie. Aujourd´hui, alors que se profile une prochaine pénurie d´informaticiens à l´horizon 2007, les entreprises commencent à réfléchir à leur fin de carrière et s´intéressent à leur formation. Témoignages.

 

"Dans l´informatique, on sort de l´école à 25 ans, on est jeune jusqu´à 30 ans et l´on est considéré comme un senior à 35 ans", ce jugement sans appel, qui reflète l´état d´esprit du secteur est donné par Ivan Beraud (photo), secrétaire général du Bétor-Pub, la branche services de la CFDT. Dans cet univers impitoyable, proche de "Dallas", si l´on veut durer, explique Ivan Béraud, "il faut prendre des responsabilités, devenir directeur de projet, commercial, chef d´agence ou faire du conseil. Ces dernières années, les informaticiens "vieillissants", que bien souvent, les employeurs ne formaient pas régulièrement, n´étaient plus à la page des dernières innovations technologiques. Ils étaient donc conduits vers la sortie, par des départs en pré-retraite, des plans de licenciement ou poussés à la démission lors du non-renouvellement d´un contrat par un client, notamment dans les périodes de conjonctures difficiles". Mais aujourd´hui, pour Ivan Béraud, "la donne est en train de changer".

Un sentiment partagé par deux autres syndicalistes de la CFDT, salariés du groupe Cap Gemini Ernst and Young et membres de la commission Formation de l´entreprise. Deux profils et deux parcours différents. Le plus jeune, Pierre Divet, 39 ans (photo), est chef de projet. Après des études d´ingénieur, il est diplômé de l´ENSI de Caen, il est entré chez Cap en 1988, comme "concepteur-réalisateur-intégrateur". Pour lui, une carrière en informatique, c´est : "une longue suite de hasards. Je me suis formé en permanence en évoluant de projet en projet dans différents secteurs d´activité (informatique, ingénierie scientifique, énergie). Il ne faut pas penser que l´on peut avoir un itinéraire tout tracé, il faut louvoyer". Pour ce chef de projet, alors que le secteur informatique évolue au fil des ans, entre périodes d´euphorie avec des pénuries de personnel et périodes de récession comme actuellement avec des sureffectifs, la nécessité de former en permanence les salariés chez Cap Gemini, date de 1996, lorsqu´une carence en informaticiens a touché le secteur.

Anticiper la prochaine pénurie

Après le licenciement massif de 10 % des effectifs du groupe en 1992, la direction s´est rendu compte qu´elle ne pouvait plus se séparer régulièrement de personnels dépassés par les avancées technologiques. Des formations en interne, d´un mois et demi, ont donc été lancées pour remettre à niveau les connaissances des salariés, et motiver les plus anciens. Toutefois, regrette Pierre Divet, "il s´agit d´actions individuelles, en majorité à la demande des salariés, il n´y a pas encore de directives au niveau du groupe, l´idée d´un plan général d´action devrait être un des grands chantiers de cette année, nous espérons des réunions et des négociations entre direction et syndicats".

Même sentiment pour Christian Legendre, 52 ans (photo), concepteur-réalisateur-intégrateur. Après 10 ans passés dans la téléphonie, chez Ericsson France, il intègre Cap Gemini comme programmeur en 1981. Lui aussi considère que son entreprise est en train de prendre un tournant en matière de formation, "en 1998-99 dans le cadre du passage à l´an 2000, on a fait revenir des salariés licenciés en 92, pour travailler sur d´anciens programmes informatiques inconnus des jeunes diplômés, (le langage cobol notamment). Aujourd´hui, on a tiré les leçons de cette expérience, on anticipe la prochaine pénurie d´informaticiens. À partir de 2007, avec le départ à la retraite des enfants du "baby-boom", on aura besoin de gens expérimentés et de personnes capables d´encadrer le personnel. Il va falloir maintenir en activité des chefs de projets, des formateurs, des responsables de maintenance". Au sein de la commission Formation, on réoriente donc les carrières, de l´informatique de gestion vers le conseil par exemple. Une nécessité car, ajoute Christian Legendre : "Dans le groupe, 1000 salariés sur un effectif total de 11.000 personnes en France ont plus de 50 ans, et une cinquantaine ont 60 ans. La pyramide d´âge évolue, il y a 15 ans, la moyenne d´âge chez Cap Gemini était de 28 ans, elle est montée à 34 ans aujourd´hui, il faut gérer cette progression".

Un accord de branche pour renforcer la formation

Selon Ivan Béraud, secrétaire général du Bétor-Pub, "cette prise de conscience se traduit pour l´heure essentiellement dans de grandes entreprises, comme Cap Gemini Ernst and Young, car si l´on fait le bilan, moins de 10 % des salariés se forment chaque année dans le secteur informatique". Pour que tous les employeurs prennent le pas de la formation permanente du salarié, un accord de branche a été signé, il y a un an, par plusieurs organisations syndicales ainsi que par le Syntec (chambre syndicale des SSII). Baptisé "capital temps formation", ce dispositif qui n´est encore que peu utilisé permet à un informaticien à tout âge, d´obtenir un diplôme, un certificat de qualification professionnelle ou pour ceux qui n´ont pas eu de formation depuis 5 ans de rajeunir leurs connaissances, avec 140 à 1.200 heures de cours par an.

 
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