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Cinq questions pour tout savoir sur les "serious games"

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Par Thierry Lévy-Abégnoli le 06/01/2010 - indexel.net
 
Demystifier-les-serious-games

Les "jeux sérieux" restent un concept flou qui vise aussi bien la formation que la communication, les entreprises que le grand public et intéresse autant l'industrie que l'armée. Les réponses à cinq questions qui font débat.

 

1. Qu'est-ce qu'un serious game et quels sont ses objectifs ?

Jean Menu, conseiller à la cité des Sciences et de l'Industrie et à la CCI de Valenciennes, préfère une définition très générale : "les serious games, c'est l'arrivée de contenus sérieux dans le monde du jeu vidéo." Qu'apportent-ils par rapport au e-learning ou aux vidéos ? "En introduisant une notion de challenge et en conférant un rôle d'acteur à l'utilisateur, ces jeux améliorent la mémorisation", argumente Damian Nolan, associé chez Daesign. L'objectif premier, c'est donc la formation. Mais c'est aussi la sensibilisation, par exemple aux bonnes pratiques environnementales, à l'intégration des handicapés dans l'entreprise ou à la lutte contre le Sida. Dans un registre différent, des entreprises diffusent des jeux sérieux à des fins de publicité : on parle alors plutôt d'advertising games.

2. Quelles populations sont ciblées dans l'entreprise ?

Mathieu Heidsieck Les commerciaux, vendeurs en boutiques et agents de centres d'appels sont ciblés en priorité, en l'occurrence par des simulateurs d'entretiens avec des prospects ou clients. "Ces jeux gèrent un dialogue avec l'avatar d'un client, tandis qu'un coach virtuel donne des conseils", détaille Mathieu Heidsieck (photo), responsable secteur privé chez X-PERTeam. Ces simulateurs intéressent aussi les responsables des ressources humaines. "Recruteurs ou DRH se forment ainsi à la conduite d'entretiens d'embauche ou d'évaluation annuelle", donne en exemple Damian Nolan. Les employés eux-mêmes mettent à profit d'autres jeux pour découvrir les métiers de l'entreprise et leurs aptitudes à les exercer. Enfin, de nombreux métiers à risques utilisent les serious games : pompiers militaires, policiers. Au-delà des simulateurs de véhicules, il s'agit par exemple de s'entraîner à faire face aux violences urbaines.

3. Quels sont les secteurs les plus intéressés ?

Jean MenuBanques et constructeurs automobiles se montrent les plus intéressés par la formation des commerciaux. La santé est également en première ligne. "Des jeux complètent la formation des infirmières, dentistes et chirurgiens. Le patient lui-même est concerné, l'objectif étant de le faire participer au processus thérapeutique", explique Jean Menu (photo).

Quant à l'industrie, elle commence à utiliser les jeux pour sensibiliser ou former les métiers, sinon à risques, du moins présentant des risques. "Parmi nos clients, un grand groupe spécialisé dans l'énergie a ainsi fait développer un jeu qui sensibilise ses employés à la sécurité des accès aux ouvrages", cite  Stéphane de Buttet, gérant de Simlinx. Enfin, des entreprises de logistique voient dans les jeux un moyen de former des personnels travaillant dans des entrepôts.

4. Quel est le niveau de sophistication ?

Stéphane de ButtetBudgets très inférieurs obligent, le degré de sophistication reste en deçà des jeux vidéos traditionnels. Pour autant, il est très variable, tant en termes de graphisme que de scénarisation et d'intelligence artificielle (qui permet de gérer les dialogues). "La 3D n'est pas obligatoire, certains jeux 2D étant déjà très bien", estime Stéphane de Buttet (photo). Pour un avatar, la 3D semble d'ailleurs superflue. "Mais elle permet une meilleure mémorisation grâce à une immersion plus réaliste", rétorque Jean Menu. De même, le scénario est soit linéaire, soit arborescent, soit ouvert (le joueur évoluant librement dans un environnement).

Des acteurs du e-learning habillent leur offre avec quelques animations Flash et collent l'étiquette "serious game". Mais il faut un certain niveau de richesse dans l'interaction. Ainsi, avec un scénario linéaire et un graphisme 2D, on parle plutôt de learning games. "La cible est alors celle d'entreprises effrayées par les serious games et souhaitant contrôler le budget et le temps de l'apprenant", affirme Mathieu Heidsieck. Ce sont finalement les jeux sérieux pour le grand public qui se rapprochent le plus des véritables jeux vidéos. Il s'agit par exemple de systèmes ludo-éducatifs muséographiques fonctionnant sur de grands écrans multitactiles et multi-utilisateurs.

5. Sous quelle forme et à quels prix sont commercialisés ces jeux ?

Certains jeux sérieux, notamment des simulateurs d'entretiens commerciaux, sont des produits sur étagère vendus à partir de 400 euros. Mais seul un développement sur mesure permet d'adapter scénario et graphisme au contexte de l'entreprise. "Le cœur du marché se situe alors entre 50 et 500 000 euros mais pour 20 à 30 000 euros, on peut faire développer un jeu sérieux 2D avec des interactions et un contenu limités, tandis que quelques projets dépassent le million d'euros", estime Stéphane de Buttet.

Damian NolanEffectivement, X-PERTeam réalise des learning games 2D et linéaires pour 25 à 50 000 euros. Et chez Daesign, le budget se situe souvent entre 100 000 et 200 000 euros, pour des simulations de 30 à 45 minutes basées sur des contenus 3D de plusieurs heures. "Mais le coût est divisé par deux si le jeu devient ensuite un produit sur étagère", signale Damian Nolan (photo).

Quelques acteurs du marché des serious games

Société Approche
Artefacto Développement spécifique de jeux ludo-éducatifs basés sur des personnages animés en 3D.
Daesign Ancien éditeur de jeux vidéos reconverti dans les serious games en 3D, orientés compétences comportementales.
KTM Advance Spécialiste du e-learning et, depuis deux ans, développeur de serious games et éditeur d’un outil dédié à leur développement.
Les Tanukis Studio de création de contenus qui développe sur mesure des serious games et des advertising games.
Simlinx Se positionne en tant que conseil et assistance à maîtrise d'ouvrage. Formalise un besoin, le traduit en concept de jeux et sélectionne un prestataire.
Virtual Intelligent Technology Développe des systèmes ludo-éducatifs dédiés de type muséographie. 
X-PERTeam Prestataire issu du e-learning qui propose des learning games et serious games en 2D, sur étagère ou sur mesure.

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