MANAGEMENT
Offshore : un impact plus faible que prévu sur l'emploi et les coûts
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Le phénomène de l'offshore restera limité dans les prochaines années. Qualitativement, seuls certains types de projets seront concernés. Quantitativement, l'offshore ne dépassera pas 4 à 6 % du chiffre d'affaires des SSII françaises. |
Des dizaines de milliers de chômeurs et des coûts en chute libre. Tels étaient, il y a trois ans, les craintes et les espoirs que suscitait en France le phénomène alors naissant de l'offshore. Depuis, cet impact a été revu à
Domaines privilégiés : le support, le test, la supervision et la maintenance
"À l'horizon
Il reste que, dans les faits, l'offshore est pratiquement exclu du conseil, des études et de la gestion des infrastructures, tandis qu'il adresse davantage le support, le test, la supervision et la maintenance. "Ces domaines à faible valeur ajoutée n'attirent plus guère les ingénieurs français. L'offshore permettra donc de pallier à une pénurie de main d'oeuvre sans représenter une véritable menace pour l'emploi", affirme ainsi Bernard Razaghi, président de Net2S. Quant au développement, tout dépend s'il s'agit de projets très dynamiques, comme de nouvelles applications, ou statiques, comme une migration à iso-fonctionnalités d'une application existante. De plus, les projets non stratégiques sont davantage réalisés en offshore. De ce point de vue, les grandes SSII indiennes sont elles-mêmes modestes.
"Les entreprises nous délèguent des tâches récurrentes afin de se concentrer sur des projets stratégiques", constate ainsi Sébastien Montigny (photo), responsable commercial France d'Infosys, l'une des principales SSII Indiennes présentes dans l'Hexagone. À noter que l'Inde reste encore très loin devant la Chine, les pays de l'Est et le Maghreb.
Pour tirer parti de l'offshore, les entreprises ont différentes possibilités. Elles peuvent s'adresser à une SSII française, qui confiera elle-même une partie du projet en offshore, ou directement sonner à la porte d'une SSII indienne implantée dans l'Hexagone avec un effectif français réduit. Le recours direct à une SSII étrangère non implantée en France est pratiquement exclu, mais on voit apparaître des sociétés de service d'intermédiation à valeur ajoutée, qui se proposent de faire le lien avec le prestataire.
Enfin, des SSII françaises s'implantent elles-mêmes à l'étranger. Cela leur permet à la fois de conquérir des marchés au Maroc ou en Inde et de faire appel aux informaticiens qu'elles embauchent localement pour réaliser une partie des projets français. Parmi ces différentes formules, moins la relation avec le prestataire étranger est directe, plus il faut formaliser les besoins, même s'il n'est pas forcément nécessaire de graver dans le marbre l'ensemble des spécifications détaillées.
Un gain qui peut atteindre 30 % si le projet s'y prête
"Grâce au prototypage et aux outils collaboratifs, on peut très bien travailler en mode interactif avec des équipes étrangères et voir, en temps réel, ce qu'elles développent", estime Bernard Razaghi (photo). Quoi qu'il en soit, l'effort de gestion d'un projet offshore génère, en interne, un coût qui vient grever l'économie escomptée. Au final, celle-ci ne peut être réduite au montant des prestations facturées. "Le gain peut quand même atteindre 20 à 30 %, mais uniquement pour les projets qui s'y prêtent. Car, dans le cas contraire, l'offshore risque de se révéler plus cher", prévient Bernard Razaghi. Par ailleurs, l'écart entre les salaires indiens et français ira en se réduisant. "D'ici dix à quinze ans, ces salaires seront pratiquement équivalents. C'est pourquoi la bataille a déjà commencé à se déplacer sur le terrain de la qualité", affirme Sébastien Montigny.
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