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SECURITE

Visite guidée d'un bunker de données

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Par Jérôme Saiz le 08/03/2006 - indexel.net
 

Il voit tout passer : vos numéros de cartes bancaires, vos mots de passe et tous vos petits cyber-secrets. "Il", c'est un centre d'hébergement ultra-sécurisé. Son rôle : abriter les serveurs internet des entreprises du CAC40. Indexel s'est fait ouvrir les portes du Saint des Saints.

 

C'est à peine si l'on remarque la caméra de surveillance braquée sur la herse d'entrée. Vu de l'extérieur, le bâtiment ressemble à un quelconque immeuble de bureaux d'un ministère. C'est pourtant ici que sont abrités les serveurs critiques d'entreprises du CAC40 ou de grands noms du commerce électronique ainsi que des téraoctets de données particulièrement sensibles. Les choses se précisent à l'approche du hall d'entrée. Un coup d'oeil suffit à abandonner l'idée de se glisser derrière un visiteur pour franchir la zone contrôlée : un sas particulièrement exigu isole hermétiquement la zone d'accueil du reste du bâtiment. Claustrophobes s'abstenir ! Mais une fois franchi le sas, le contraste est saisissant : un hall immense, dominé par un escalier ouvert sur plusieurs étages. 

 La capacité d'alimentation électrique d'une ville de 15 000 habitants

"Le bâtiment offre une surface de 34 000 m², dont 20 000 sont disponibles pour héberger les serveurs de nos clients", confirme Alexandre Safronoff, notre guide et responsable commercial de Global Switch, l'hébergeur propriétaire. Mais le choix du lieu ne s'est pas joué à sa seule superficie. L'hébergement sécurisé de serveurs exige d'autres garanties, avant tout électriques. "Nous avons deux liaisons directes avec deux stations EDF distinctes. Nous sommes donc véritablement le seul consommateur sur la ligne !" Et il aurait pu ajouter qu'il est le seul "gros" consommateur : le bâtiment dispose de la capacité d'alimentation électrique d'une ville de 15 000 habitants. "Ce n'est pas tant les serveurs que la climatisation qui l'exige. Nous disposons de sept tours de refroidissement aéro-industrielles". Global Switch offre ainsi à chaque client environ 1 kW d'électricité et 800 W pour le refroidissement. L'ensemble peut fonctionner cinq jours durant sur ses générateurs personnels.

Structurellement, le bâtiment ne joue pas dans la même cour que les traditionnels immeubles de bureaux. Jadis, il faisait office d'usine automobile. Et si aujourd'hui les baies de serveurs ont remplacé les machines-outils, la résistance au sol demeure la même : une tonne au mètre carré, contre environ 450 kg pour un immeuble de bureaux. "Toute la structure du bâtiment est en béton armé. C'est le genre de détail auquel sont très sensibles les experts 'risque' des grands groupes..."

400 millions d'euros de serveurs dans une seule salle

Cela fait maintenant quelques minutes que nous errons dans une série de couloirs anonymes. Chaque porte paraît fermée et le badge magnétique est régulièrement nécessaire pour changer de zone. "La traçabilité est vitale. Nous remettons chaque mois à nos clients un rapport des allées et venues dans leur zone privée. Et, bien sûr, nous nous occupons de gérer leur liste d'habilitations (techniciens, prestataires...) ainsi que la réception éventuelle des bandes de sauvegardes", explique Alexandre Safronoff, tout en glissant une fois de plus son badge pour pénétrer, enfin, dans la zone d'hébergement des serveurs. "Un client vient de faire livrer pour 400 millions d'euros de serveurs dans une seule salle", s'amuse notre hôte tandis que nous traversons une salle d'hébergement manifestement en grand chantier.

Le nez en l'air, ce sont les caméras de surveillance qui étonnent. Elles sont partout. "Il y en a 200 au total dans le bâtiment. Et l'enceinte est également surveillée par des capteurs infrarouges." Le tout est supervisé par une équipe de techniciens et d'agents de sécurité présents en permanence sur les lieux. Par ailleurs, des rendez-vous réguliers permettent aux forces de police et aux pompiers de bien connaître les lieux en cas d'intervention. L'ensemble est protégé de l'incendie par un système d'alerte VESDA (Very Early Smoke Detection Alarm) couplé à des réserves de gaz inerte.

Le prix de la tranquillité : 1 000 euros HT par mois

Dans les salles d'hébergement, l'informatique lourde est au rendez-vous. Des salles entières et des cages, souvent protégées par des systèmes de serrures électroniques, s'étalent à perte de vue. Mais c'est ici que s'arrête notre visite : impossible de pénétrer dans les cages des clients, ni même de connaître leurs noms. Tout juste peut-on apercevoir de beaux systèmes ronronner derrière leurs protections de métal. Sun, IBM..., les grands noms sont au rendez-vous. Mais nous ne partirons pas sans une dernière question : combien coûte un hôtel de luxe pour son serveur ? Là aussi, le flou est de rigueur. Seule certitude : l'emplacement (vide !) d'un simple rack se négocie environ 1 000 euros HT par mois. Le prix de la tranquillité, sans doute.

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