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Huit pistes pour sauver la DSI

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Par Thierry Lévy-Abégnoli le 28/11/2012 - indexel.net
 
Dsi

L’existence même de la DSI serait menacée sous la pression du cloud computing, de la consumérisation de l’IT ou du numérique. Pour perdurer, elle devra se transformer en profondeur. Voici huit pistes pour réussir cette mutation.

 

"Née il n'y a pas si longtemps, la DSI va peut-être disparaître et n'aura été qu'un épiphénomène. Confrontée à un vrai challenge, la DSI doit négocier sa survie", lance très sérieusement Ludovic Cinquin, directeur général d'Octo Technology. Pour enfoncer le clou, il ajoute qu'en France, l'informatique est mal vue et que beaucoup de directions générales nourrissent l'espoir de s'en passer. Sans être aussi alarmiste, Siegfried Günther, directeur associé de Solucom, admet que cette fonction est à la croisée des chemins. "Dans les années 2000, elle s'est structurée et professionnalisée. À partir de 2012, elle est confrontée à la consumérisation, l'IT étant désormais à la portée de tous." Voici huit idées pour... sauver la DSI !

1. Contrer le phénomène des métiers qui court-circuitent la DSI

Ludovic CinquinAvec le cloud computing, le ticket d'entrée pour faire de l'informatique d'entreprise est désormais très bas. "N'importe quelle direction métier peut court-circuiter la DSI et confier à deux stagiaires la réalisation d'un projet qui ressemblera à une application d'entreprise", affirme Ludovic Cinquin (photo). La DSI peut d'abord anticiper le phénomène en construisant un catalogue de services SaaS (lire notre dossier Software as a Service) qu'elle aura sélectionnés et validés. Elle peut aussi préparer des services SaaS maison, déployés sur le cloud privé de l'entreprise et accessibles via un portail. Elle peut, encore, montrer qu'elle est la mieux placée pour prendre du recul par rapport aux éditeurs de solutions métier et de services SaaS. "Ils font tout pour court-circuiter la DSI mais leurs promesses sont souvent irréalistes", explique Ludovic Cinquin.

2. Assurer la cohérence de l'IT, jusqu'aux politiques d'achats

La DSI doit faire valoir qu'elle reste la mieux placée pour éviter les duplications de fonctions, gérer un référentiel homogène et standardiser les échanges entre applications. "Sur ces sujets, elle doit se montrer bien plus proactive qu'elle ne l'a été jusqu'à présent", affirme Ludovic Cinquin. D'autant plus difficile à assurer lorsque le recours aux services SaaS se multiplie, cette cohérence doit bien sûr être technologique, afin de garantir la sécurité et les performances. Mais il s'agit également de gérer un nouveau mode de facturation. "La DSI peut alors être le gardien du temple par rapport aux politiques d'achats", explique Siegfried Günther.

3. Conserver des compétences informatiques dans l'entreprise

Pour Ludovic Cinquin, la DSI doit permettre de conserver en interne des compétences fortes, afin de garantir la cohérence du système d'information et maîtriser les développements, quitte à les sous-traiter. Selon lui, la plupart des entreprises doivent s'inspirer des géants de l'Internet comme Facebook, Amazon et Google. Son raisonnement : ils recrutent les meilleurs techniciens afin d'inventer une nouvelle façon de faire de l'informatique. "Ils sont certes à 100 % technologiques mais avec l'explosion du digital, beaucoup d'entreprises le deviennent de facto", argumente Ludovic Cinquin, qui met aussi en garde contre une externalisation à outrance. En maîtrisant les solutions, la DSI évite que l'entreprise devienne la proie des éditeurs de logiciels et des prestataires de services informatiques.

4. Se donner les moyens d'intégrer la consumérisation de l'IT et le digital

Siegfried GuntherPar opposition au monde physique, le digital correspond à la dématérialisation de la relation avec les clients et employés – désormais utilisateurs permanents du e-commerce et du m-commerce, de comparateurs de prix, de smartphones et tablettes, des réseaux sociaux, ou encore des objets connectés. Ce phénomène transforme les modèles économiques de l'entreprise (lire notre article sur l'entreprise numérique) "Le digital et la consumérisation ne sont pas des phénomènes atypiques qui devraient être traités spécifiquement. Ils doivent au contraire entrer dans la chaîne de valeur de l'entreprise", considère Siegfried Günther (photo).

Confiner le digital dans une start-up interne ne peut donc être qu'une démarche provisoire afin de monter en maturité. Pour autant, le digital apporte quelque chose de nouveau que la DSI doit appréhender. "Alors que le cœur de l'IT était centré sur le produit vendu, il sera désormais centré sur le client, dont il faudra détecter les nouveaux comportements", affirme Siegfried Günther. La DSI peut piloter le digital, moyennant une bonne vision du business, des usages et du marketing. Mais c'est le minimum. "Elle doit aller plus loin en abordant la dimension sociologique", explique Siegfried Günther. Elle doit également développer ses compétences sur les aspects contractuels et juridiques, notamment liés au digital, comme les droits d'auteurs.

5. Avoir un rôle de conseil en amont pour apporter de la valeur

Sur le digital comme sur le SaaS ou la réduction des coûts, la DSI doit, très en amont, jouer un rôle de conseil auprès des métiers. Elle est en effet l'entité la mieux placée pour voir en quoi la technologie pourrait les aider. C'est un changement de cap délicat pour une entité habituée à réagir aux demandes. "La DSI ne s'imposera que si elle comprend et accompagne le mouvement au lieu de le freiner", estime Ludovic Cinquin.

6. Refondre sa relation avec les métiers

Pour jouer ce rôle de conseil et répondre aux enjeux du digital, la DSI doit refondre sa relation avec les métiers. "Depuis dix à quinze ans, elle s'est professionnalisée au prix d'un isolement et d'un alourdissement", constate Ludovic Cinquin. Pour s'ouvrir davantage aux métiers et devenir plus réactive, la DSI doit d'abord tout mesurer, comme par exemple les temps de réponse ou la consommation électrique, afin de prendre des décisions. Elle doit également adopter des cycles courts. Synonymes de déploiement continu, comme le font les fournisseurs de services SaaS, ces cycles courts consistent à réaliser de petites évolutions immédiatement mises en production, avec un feed-back instantané des utilisateurs. La DSI peut ainsi montrer de la valeur sous un à deux mois. Enfin, elle doit adopter de nouvelles approches managériales, avec des équipes pluridisciplinaires intégrant des représentants des métiers voire de la production. "Ces équipes seront très autonomes, avec pour mission de développer un service de bout en bout", explique Ludovic Cinquin.

7. Scinder la DSI en deux entités

Pour faciliter le rapprochement avec les métiers, Siegfried Günther préconise une scission de la DSI, en deux entités distinctes. Centrée sur le besoin d'efficacité, de performance économique et de baisse des coûts, la première prendrait en charge la réalisation, l'exécution et la production, qui pourrait être plus ou moins externalisée, éventuellement dans le Cloud. Grâce à une bonne vision du business, des usages et du marketing, la seconde entité se concentrerait sur les choix stratégiques visant à apporter de la valeur. Cette nouvelle DSI pourrait même fusionner avec le métier, lorsque l'IT est au cœur de celui-ci, comme c'est le cas chez les opérateurs télécoms.

8. Accélérer la mutation

"Tous ces mouvements sont fortement freinés car dans les DSI, les compétences évoluent lentement", constate Siegfried Günther. Les gens restent en effet longtemps dans leurs fonctions et la mobilité est limitée. Le recrutement de jeunes est indispensable mais sera forcément long. "C'est pourquoi la création d'une start-up interne, libérée de ces contraintes, peut être une bonne idée", ajoute Siegfried Günther.

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