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MANAGEMENT, SUR LE TERRAIN

Philippe Tassin, le Paul "red" Adair de l'informatique

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Par Lala Moulay le 16/02/2005 - indexel.net
 

Philippe Tassin est consultant indépendant, DSI intérimaire, expert des situations de crise. Dans le milieu informatique, certains le comparent à Paul "Red" Adair, spécialiste mondial de la lutte contre les incendies d'installations pétrolières. Portrait de ce pompier volant des systèmes d'information.

 

Le management de transition ou l'intérim des cadres dirigeants (directeurs financiers, juridiques, DRH) s'est développé ces dernières années en France. Ces "seniors" apportent leur expérience dans des entreprises en plein changement stratégique, à la suite d'acquisitions, de fusions ou de restructurations. Parmi ces intérimaires de haut vol, on commence également à recenser, comme aux Etats-Unis, des DSI spécialistes des situations de crise, tel Philippe Tassin, renommé dans ce domaine. Ingénieur civil diplômé de l'École des Mines de Nancy en 1967, âgé de 61 ans, il a fait carrière dans de grandes entreprises. D'abord consultant et ingénieur technico-commercial en informatique chez Siemens, Philips et Havas, puis chef de projet et responsable du service organisation informatique chez Renault.

 

La mauvaise personne au mauvais endroit qui prend de mauvaises habitudes

 

Philippe Tassin affiche une expérience de 20 ans en tant que directeur de l'informatique, des télécommunications et des systèmes d'information d'Air Inter, de Thomson Grand Public, et de Michelin. Des entreprises où il s'est forgé une solide réputation, car il y a résolu de nombreuses situations de crise. En 1997, quand il quitte Michelin, il décide de se spécialiser. Il devient DSI intérimaire pour des grands comptes dont la direction informatique est en difficulté, à la dérive parfois. Il est appelé à la rescousse par des directions générales, qui ne savent plus à quel saint se vouer car "leur informatique est en panne, malade", comme le précise Philippe Tassin, "elles ne s'intéressent guère aux systèmes d'information". Elles ont souvent laissé péricliter la situation, sans y prendre garde pendant plusieurs années, parfois cinq à dix ans, avant d'appeler à l'aide.

 

L'une ne sait plus, quel est exactement l'état de ses stocks pour livrer ses clients. À la suite de la mauvaise gestion d'un ERP depuis deux ans, tous les stocks sont faux. Une autre souffre d'un important retard technologique, un handicap par rapport à ses concurrents, pour lancer de nouveaux produits. Autre cas vécu : une politique d'outsourcing mal conduite qui affecte le fonctionnement de l'entreprise. À l'origine de ces problèmes, estime Philippe Tassin, "il s'agit avant tout d'une erreur de casting à la direction informatique. On a mis la mauvaise personne au mauvais endroit et elle y a pris de mauvaises habitudes". Dans la majorité des cas, le DSI fautif, a démissionné ou a été licencié. S'il est toujours en poste et responsable de la débâcle, la direction générale laisse souvent à Philippe Tassin le soin de le limoger pour qu'il ne perturbe pas les opérations de sauvetage. Ensuite le pompier volant de l'informatique se met au travail. "J'éteins le feu, je remets le système d'information sur les rails et je recrute mon successeur. Je travaille seul. Mes missions durent en moyenne de 12 à 18 mois".

 

La précision d'un rayon laser

 

Philippe Tassin doit très vite évaluer la situation, avec la précision d'un rayon laser. Pas question de perdre du temps en demandant la réalisation d'un audit. Il procède par interviews pour déterminer l'origine du problème et les solutions à apporter. Les personnes les plus importantes dans la hiérarchie de la société, mais aussi les utilisateurs, sont sondés. Cette première phase dure quelques jours, voire trois à quatre semaines. Puis vient le temps de la réorganisation, pendant quatre  à cinq mois. Comparé aux grands cabinets de conseils qui, pour panser les plaies, placent immédiatement leurs consultants aux postes stratégiques, Philippe Tassin fait confiance à l'équipe en place et la motive. "S'ils font leurs preuves, je sais reconnaître la valeur d'informaticiens parfois sous-évalués par l'ancien DSI, et ceux-ci apprécient de pouvoir évoluer au sein d'un projet clair et cohérent".

 

Dans les mois suivants, il faut faire tourner la machine et vérifier la viabilité du plan. Toutes les décisions sont prises en accord avec la direction générale qui, la plupart du temps, laisse carte blanche à Philippe Tassin sur le budget consacré à la sortie de crise. Et quand sa mission est terminée, "c'est comme un divorce : la direction générale, qui a apprécié mon travail, ne souhaite plus me revoir, comme si elle voulait oublier au plus vite cette parenthèse difficile. Il est rare que l'on me demande de vérifier si mes consignes sont suivies par mon successeur. Et pourtant la convalescence est aussi cruciale que la période de soins". Depuis huit ans en freelance, Philippe Tassin enchaîne avec succès les missions et compte, parmi ses clients, France Télécom, Facom, Manpower, Matra Marconi Space ou Axa Royale Belge. Pour partager son expérience, Philippe Tassin vient de publier "Systèmes d'information et management de crise" aux éditions Lavoisier.

 

Outre Philippe Tassin, plusieurs DSI proposent ce type de services. Pour vous mettre en relation avec eux, voici quelques adresses : Amadeus Dirigeants, contact DSI : Charles Canetti. JB Management Consulting, contact DSI : Jurgen Bastian. Executive Interim Management, contact : Michel Chevalier.

 
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